Attention, chut d’oiseau! (Homme à barbe)

ATTENTION, CHUT D’OISEAU !

( anciennement « Je me souviens de l’Homme à Barbe » )

Création d’un spectacle musical jeune public


Patrick Charbonnier (clown sonique) : conception et interprétation
Gauthier David : auteur
Lionel Marchetti : bande son du voyage et du rêve de l’Homme à barbe
Jean-Paul Delore : aide à la mise en scène
Céline Thoué : scénographie paysagiste du voyage de l’Homme à barbe
Armelle Devigon : aide chorégraphique
Catherine Laval : costumes et maquillages
Gilles Faure : création lumière
Dominique Averly : accessoires

Durée : entre 50 minutes et 1 heure
Age : Tout public à partir de 6 ans

Série de photos réalisées par Pierre Acobas :

 

Dossier à télécharger ICI


En préambule :


Bande son du rêve de l’Homme à barbe : par Lionel Marchetti,
Voix : Patrick Charbonnier

 


Note de l’auteur :

Un homme à barbe découvre qu’un boulon planté dans une pièce de bois chante comme un oiseau. Cet homme à barbe a d’ailleurs un oiseau. Mais son oiseau, lui, est plus silencieux qu’une flaque d’eau. Cet oiseau qui ne chante pas, c’est le grand problème de cet homme à barbe.
Polystyrène tonnerre, rythmiques boiteuses, brouhahas de ressorts, mélodies en sandwiche, coucou suisse distordu, trombones à ballons, mots réversibles… les instruments-sorciers de cet homme à barbe vont-ils interpeller cet oiseau ? Éveiller son chant ?
Ou devra-t-il voyager dans les souterrains du temps, rencontrer des australopithèques, boire des jus de citron pressé et ranger sa chambre…

Plus qu’une reprise, « Je me souviens de l’Homme à barbe » est une réécriture du spectacle « L’Homme à barbe » d’Alain Gibert, élaborée autour du travail sonore du musicien Patrick Charbonnier et de l’écriture de l’auteur jeunesse Gauthier David.
Ce spectacle use pour sa scénographie de détournements d’objets usuels communs (scotch blanc, serre à salade, citrons…) et propose des expériences d’écoute, du cinéma pour l’oreille.


 Genèse du projet :

« « Il était une fois un homme qui avait un oiseau, un fusil et une barbe. »
Ainsi commence l’histoire à peine incroyable d’un homme qui veut à tout prix apprendre à chanter à son oiseau – un oiseau aphone en forme de machine à coudre SINGER.

L’Homme à Barbe a été créé en 1986 par Alain Gibert, musicien, compositeur, conteur génial décédé prématurément en 2014.

Pour parvenir à sortir son oiseau de son mutisme têtu, Alain Gibert a élaboré un glossaire musical et poétique singulier.

Pour reprendre ses chimères sans trahir son utopie, pour faire chanter mon oiseau tout homme à barbe que je sois, nécessité est d’en faire ma propre expérience détachée de son modèle.

Faire revivre l’Homme à Barbe avec pour seul héritage la barbe et l’oiseau du spectacle d’Alain, c’est entretenir sa conception d’une esthétique de la simplicité et de la surprise.

A travers l’Homme à Barbe, JE ME SOUVIENS D’ALAIN GIBERT.

Et maintenant…  Voici l’homme à barbe selon Charbo !  (comme m’appelait Gib). »

P Charbonnier


 Extrait du texte : 

(…)

« Un jour, dans les herbes hautes d’un pré, un garçon découvrit une sauterelle.

D’un geste fulgurant, il la saisit dans sa main. Il la laissa quelques instants s’y débattre. Quand il ouvrit son poing, la sauterelle bondit, s’enfuit, maladroitement, d’un bond boiteux.

Au creux de sa paume, le garçon trouva une patte. Il en fut bien attristé.

Chez lui, le garçon glissa la patte de l’insecte sous son oreiller, espérant que les chats sauvages de la nuit l’emportent et que, le lendemain, il se sente apaisé.

Mais c’est un torticolis qui le tira de son sommeil.

Sous son oreiller, le garçon trouva un trombone à coulisse. Il voulut en jouer, souffla dedans à pleins poumons mais il n’obtint que du silence de ce trombone. Cependant, quand il soufflait dedans, à chaque pschhh pschhh, des poils lui sortaient du menton.

Pschhh Pschhh Pschhhh,

en quelques pscchhh pschhh, il fut doté d’une belle barbe

Pschhh pschhhh, métamorphosé.

Mais du trombone, il n’avait obtenu que du silence.

Il l’employa alors comme un tambour, le martelant avec des baguettes. Il le secoua. Mais le trombone lui résista comme du vide. Ne lui cédant aucune réplique, pas même le plus infime son. Il avait beau taper-taper-taper-taper-taper-taper sur le trombone, il n’obtint que du silence.
L’homme à barbe décida de le manger.

Le ragout de trombone à coulisse mijota plusieurs heures sur le feu. L’heure du repas venu, l’homme à barbe plongea sa louche dans la cocotte, il en sortit un corbeau à cinq pattes. L’homme le rejeta brusquement dans la cocotte dont il claqua férocement le couvercle pour la refermer. Et pour éviter toute riposte du corbeau, il avala la marmite.

Dans la nuit, par une oreille, l’homme pondit une boule de Noël.

Il la couvât.

Le matin, la boule de Noël éclot.

Je te vis naître, mon oiseau. »  (…) Gauthier David