ARLT

voix, guitares
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Composé d’Eloïse Decazes (chant) et de Sing Sing (chant-guitare), le duo Arlt joue des chansons biscornues, aussi primitives que sophistiquées.

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Faussement minimalistes (deux voix, l’une liquide et l’autre terreuse, soufflant le chaud et le froid sur quelques accords excentriques de guitare mal accordée), ces curieuses pièces répétitives mais émaillées de surprises et d’apparitions saugrenues citent les troubadours, convoquent les fantômes du blues d’avant-guerre, lorgnent sur les chaconnes de Moodog, chérissent les embryons mélancoliques et drôles d’Erik Satie, et évoquent aussi bien la musique du Moyen-Age que les ballades tétanisées de Smog ou les comptines surréalisantes de Fontaine et Areski.
Ce sont des chansons brutes, inquiètes et vaguement maboules, qui aiment à trébucher dans une espèce d’ébriété lyrique contenue et qu’un humour à froid tient à distance mieux qu’un revolver fermement tendu.
Objet atypique aussi résolument éloigné des canons de la chanson française que des clonages pop ordinaires.
Sur scène, les deux personnages qui composent Arlt ne laissent pas indifférent.
Elle, hallucinée, rêveuse, incantatoire, oscillant sans cesse entre ultra présence et disparitions surréelles et lui, simiesque, titubant, électrocuté, opérant sans prévenir de brusques allers retours entre désinvolture et nervosité. Ils surprennent, charment, agacent, ne se laissent pas apprivoiser.
Surtout Arlt chante vraiment. Pas avec les tripes, non, mais avec tous leurs nerfs, tout leur souffle et sur tous les tons. Sans effets démonstratifs, mais ivres de la joie de chanter, comme on chante une berceuse, un chant rituel, une ballade de marin, une lamentation, une chanson d’amour toute bête.